Le patrimoine algérien inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité

Le sbuâ, pèlerinage annuel à la zawiya Sidi El Hadj Belkacem au Gourara :gourara

Au Gourara la célébration du septième jour de la naissance du prophète Mohamed,  revêt un caractère particulier du fait des nombreux déplacements ritualisés de pèlerins précédés des étendards représentants les saints fondateurs des communautés.

ce Sbuâ du mawlid ennabaoui   a été inscrit à la liste représentative du patrimoine immatériel de l’humanité par l’Organisation des Nations-unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco).

Il est par contre incompréhensible que cette célébration ne soit pas plus médiatisée, (à part quelques lignes sur le site du ministère de la culture) , la région n’est pas référencée sur les cartes du monde comme googlemap , on trouve bien sur Adrar et Timimoun mais la rien sur la région de Gourara …

La wilaya d’Adrar et la ville de Timimoun regorgent d’atouts culturels , en plus de la beauté de la nature, qu’il est grand temps de mettre en avant.

Les rites et les savoir faire artisanaux associés à la tradition du costume nuptial de Tlemcen

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Le rituel nuptial de Tlemcen dans le nord-ouest de l’Algérie commence chez les parents où la mariée revêt une robe de soie dorée réalisée dans un tissage traditionnel, entourée de ses amies et cousines mariées, parées de leurs costumes nuptiaux. Des dessins symboliques au henné sont appliqués sur ses mains et une femme plus âgée l’aide à revêtir un caftan de velours brodé, les bijoux et une coiffe conique. Des rangs de perles baroques protègent ses organes vitaux et de reproduction contre les esprits malfaisants. En quittant le foyer, la mariée est dissimulée sous un voile de soie flamboyant. Pendant la fête nuptiale, une femme mariée du cercle de ses proches dessine des motifs arrondis rouges et argentés sur les joues et sous la lèvre inférieure de la mariée pour la purifier et la protéger. Une fois protégée par son caftan, ses bijoux et son maquillage, la mariée quitte son voile, prête à se marier. Les jeunes filles de Tlemcen sont initiées à la tradition du costume dès le plus jeune âge, tandis que l’artisanat que représente la confection du précieux costume nuptial se transmet de génération en génération. Le rite symbolise l’alliance entre les familles et la continuité entre les générations, alors que l’artisanat joue un rôle majeur dans la perpétuation de la créativité et l’identité de la communauté de Tlemcen.

Le pèlerinage annuel au mausolée de Sidi ‘Abd el-Qader Ben Mohammed dit « Sidi Cheikh »  : Rakb Sidi Cheikh

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Chaque année, les communautés soufies nomades et sédentaires effectuent un pèlerinage au mausolée du mystique musulman Sidi ‘Abd el-Qader Ben Mohammed dit « Sidi Cheikh », enterré à El Abiodh Sidi Cheikh. À partir du dernier jeudi de juin, trois jours de rituels religieux et de manifestations profanes festives rendent hommage au fondateur de la confrérie. Le pèlerinage renouvelle les liens et les alliances au sein de la confrérie soufie et assure la paix et la stabilité entre les communautés. Il a également contribué au récent essor du soufisme ainsi qu’à la promotion de valeurs communautaires telles que l’hospitalité et de pratiques collectives telles que les hymnes à Sidi Cheikh, les récitations du Coran, les danses et les chants profanes. Les rituels commencent par une récitation en chœur du Coran suivie, à l’aube, d’une cérémonie consistant à renouveler l’affiliation des communautés à la confrérie soufie. Les festivités profanes comprennent des jeux d’escrime, des compétitions équestres et des danses qui mobilisent plus de 300 cavaliers venant des différentes communautés. Les connaissances spirituelles s’apprennent et se transmettent dans les familles, tandis que les maîtres soufis enseignent les principaux rituels et prières soufis aux initiés à travers un apprentissage formel. Les danses et jeux profanes des hommes et des femmes s’enseignent dans des associations ou sont transmis par la pratique.

Les pratiques et savoirs liés à l’imzad des communautés touarègues de l’Algérie, du Mali et du Niger

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La musique de l’imzad, caractéristique des populations touarègues, est jouée par les femmes avec un instrument à corde unique frottée, également connu sous le nom d’imzad. La musicienne place l’instrument sur ses genoux et joue en position assise au moyen d’un archet en bois arqué. Alliant musique et poésie, la musique de l’imzad est fréquemment jouée lors des cérémonies dans les campements touarègues. L’instrument fournit l’accompagnement mélodique des chants poétiques ou populaires glorifiant les aventures et les exploits des héros du passé, qui sont souvent chantés par les hommes et auxquels hommes et femmes participent en émettant des cris modulés ou aigus. La musique revêt également une fonction thérapeutique car elle est jouée pour chasser les mauvais esprits et atténuer les souffrances des malades. Le son de l’imzad reflète les sentiments et les états d’âme de l’interprète, et toute difficulté d’exécution au cours d’une interprétation est considérée comme un signe de malheur. Les femmes fabriquent l’instrument à partir d’une demi-calebasse séchée et évidée. Celle-ci est tendue d’une peau du côté ouvert, percée de deux ouïes en forme de rosace et munie d’un chevalet en bois en forme de V. Le savoir musical de l’imzad est transmis oralement selon des méthodes traditionnelles qui favorisent l’observation et l’assimilation.

Le rituel et les cérémonies de la Sebeïba dans l’oasis de Djanet, Algérie

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Le rituel et les cérémonies de la Sebeïba sont pratiqués sur dix jours par deux communautés vivant à Djanet au cours du premier mois du calendrier lunaire musulman. Des danseurs et des chanteuses s’affrontent pour avoir le droit de représenter leur communauté lors d’une compétition sur neuf jours appelée « Timoulawine ». Les vainqueurs participent le lendemain au rituel et aux cérémonies de la Sebeïba. Les danseurs, en tenue guerrière, et les chanteuses se rendent dans un lieu appelé « loghya » pour pratiquer le rituel. Une fois arrivés, les danseurs forment un cercle rituel en faisant cliqueter leurs épées en continu tandis que les femmes chantent des chants traditionnels au rythme des tambourins. À la fin de la journée, les participants se dispersent. Les connaissances liées au rituel et aux cérémonies sont transmises directement des anciens aux jeunes. Les artisans locaux fabriquent et réparent les tenues, les armes, les bijoux et les instruments de musique nécessaires au rituel et aux cérémonies. Le rituel et les cérémonies de la Sebeïba sont un marqueur important de l’identité culturelle des Touaregs qui vivent dans le Sahara algérien. Ils permettent de renforcer la cohésion sociale et de conjurer symboliquement les éventuels actes de violence entre les communautés rivales en simulant et en transposant cette violence dans le domaine de la compétition artistique.

L’Ahellil du Gourara

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L’Ahellil est un genre poétique et musical emblématique des Zénètes du Gourara, pratiqué lors de cérémonies collectives. Cette région du sud-ouest algérien compte une centaine d’oasis peuplée de plus de 50 000 habitants d’origine berbère, arabe et soudanaise. L’Ahellil, localisé dans la partie berbérophone du Gourara, est régulièrement exécuté lors de fêtes religieuses et de pèlerinages, mais aussi à l’occasion de réjouissances profanes telles que mariages et foires locales. Étroitement lié au mode de vie des Zénètes et à l’agriculture oasienne, l’Ahellil symbolise la cohésion de la communauté dans un environnement difficile et véhicule les valeurs et l’histoire des Zénètes dans une langue aujourd’hui menacée de disparition. À la fois poésie, chant polyphonique, musique et danse, ce genre réunit un joueur de bengri (flûte), un chanteur et un chœur. Ce dernier peut compter une centaine de personnes qui, soudées épaule contre épaule, exécutent un mouvement giratoire autour du soliste et lui donnent la réplique en tapant dans leurs mains. Une séance d’Ahellil comprend une série de chants qui se succèdent dans l’ordre décidé par le musicien ou le chanteur. Elle suit un schéma immuable : la première partie ouverte à tous, le lemserreh, composée de chants courts et connus de tous, se prolonge jusqu’à une heure avancée de la nuit. La deuxième partie, l’aougrout, est réservée aux plus expérimentés et se poursuit jusqu’à l’aube. Le tra s’achève avec le lever du soleil et ne retient que les meilleurs interprètes. Cette structure tertiaire se retrouve dans l’exécution du chant qui débute par un prélude instrumental, suivi du chœur qui reprend certains vers du poème et s’achève par un murmure du chœur qui va en crescendo pour produire un ensemble harmonieux et puissant. Cette tradition est menacée dans la mesure où les occasions de l’exécuter sont de moins en moins nombreuses. Ce déclin est lié à la raréfaction des fêtes traditionnelles exigeant de longs préparatifs, à la migration des jeunes vers les villes et à la multiplication des enregistrements d’Ahellil que les gens préfèrent écouter plutôt que de participer à une séance.

Source: Ministère de la culture ( Algérie )

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