Migrants: la Libye s’estime abandonnée par l’Europe, manque de moyens

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TRIPOLI (AFP) – – « Fermer la mer » –

Malgré les conditions difficiles, les gardes-côtes « continuent à faire (leur) devoir. Car si nous laissons aujourd’hui 1.000 migrants atteindre les côtes européennes, 10.000 autres voudront les suivre demain. Voilà pourquoi il faut fermer la mer » Méditerranée.

« Nous avons communiqué tous nos besoins, en matière de navires et d’équipements à notre soi-disant partenaire européen, à sa demande. Mais nous n’avons reçu que des promesses », a regretté le colonel Abdelbari.

A 300 km du littoral libyen, l’Italie, en première ligne, essaye tant bien que mal d’endiguer les arrivées de migrants.

Rome apporte un soutien logistique aux gardes-côtes libyens via un « centre conjoint d’opérations » pour l’entretien des navires et leur communique les coordonnées des embarcations de migrants à intercepter ou à secourir.

Depuis le début de l’année, la marine libyenne a intercepté ou secouru plus de 7.000 migrants, dont un millier le 25 juin.

Selon M. Kacem, les passeurs ont donné un coup d’accélérateur aux départs, craignant la fermeture des frontières européennes, après que Rome a interdit l’accès à ses ports des bateaux d’ONG.

Selon lui, la décision italienne a permis de « démasquer l’Europe », dont plusieurs pays ont refusé d’accueillir des migrants.

Le général Kacem a aussi accusé les ONG d' »exploiter le malheur des migrants pour collecter plus d’aide ». Depuis l’arrivée des ONG en Méditerranée en 2014, les passeurs utilisent des bateaux pneumatiques pas chers et mal équipés, puisque les migrants n?ont plus besoin d?atteindre les côtes italiennes, comme c?était le cas dans le passé, d’après lui.

« Il leur suffit désormais d?atteindre les bateaux des ONG pour terminer la traversée vers l?Europe ».

– « L’Oncle » –

En accueillant cette semaine en Libye le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, Ahmed Meitig, le vice-Premier ministre du gouvernement d?union, a appelé les Européens à se mettre d’accord sur le dossier de l’immigration et invité l’UE à un sommet à Tripoli en septembre.

Ancien colonisateur, l’Italie a compris que des accords avec les autorités libyennes, incapables de contrôler les milices et les réseaux de passeurs, ne suffisaient pas. Elle a ainsi conclu des accords directs avec des forces en présence sur le terrain, démentis officiellement mais confirmés de sources locales.

Un accord passé avec des milices à Sabratha (70 km à l’ouest de Tripoli), alors plaque tournante des passeurs dans l’ouest libyen, a permis un revirement spectaculaire en juillet 2017.

Ahmed Al-Dabbashi, surnommé Al-Ammou (l?Oncle en arabe), l’un des barons locaux des passeurs, ne s’est pas contenté d’arrêter son activité mais s’est reconverti dans la lutte contre le trafic. L’ONU lui a même imposé des sanctions.

Aujourd’hui, les principaux départs se concentrant désormais entre Garaboulli et Zliten, plus à l’est où ont déménagé les trafiquants.

« La solution au trafic n’est pas en mer ou sur la côte », estime toutefois M. Kacem. « Si l’Europe veut arrêter le flux de migrants, il faut aider la Libye à surveiller sa frontière sud (longue de 5.000 km) et faire pression sur les pays de départs ».

Classement des principales villes de départs de migrants depuis la Libye ces derniers mois.

Des migrants attendent dans une base navale à Tripoli, après avoir été sauvés en Méditerranée au large de la Libye, le 24 juin 2018

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